10 mai 2021

« TINTIN C’EST L’AVENTURE » N° 7 : « LA JUNGLE » © MOULINSART – GÉO 2021

 

Projet de puzzle (1943) inspiré de « Tintin au Congo » © Hergé-Moulinsart-Géo/2021

« De ‘L’Oreille cassée’ à l’Amazonie de Bolsonaro, bienvenue dans l’Enfer vert », tel est le sous-titre de « La Jungle », le N° 7 de « Tintin c’est l’Aventure »… Tout un programme !…

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© Hergé-Moulinsart-Géo/2021

En pages 30 et 31, 2 cases de « L’Oreille cassée » (1937/6è album des « Aventures de Tintin », le édité par « Casterman ») sont entourées de six photos de jungles, sur l’île de Bornéo, en Colombie, au Costa-Rica, en Equateur, en Malaisie et en Thaïlande.

Sur deux pages, également, nous trouvons une grande photo – prise devant son « Institut pour la défense des Indiens » – de Raoni Metuktire, chef bien connu de la tribu des Kayaponé en Amazonie brésilienne, vers 1932, que l’auteur-compositeur-interprête britannique « Sting » (°1951/né Gordon Matthew Thomas Sumner) révéla au grand public, en 1989.

Photo d’illustration : « Sting » en Amazonie, aux côtés de Raoni Metuktire/1989

Dans ce numéro de « Tintin c’est l’Aventure », nous lisons : « Il (Raoniest devenu une figure emblématique internationalement célèbre de la lutte pour la préservation de la culture indigène, contre la déforestation de l’Amazonie et contre la construction du barrage de Belo Monte« … Un barrage qui menaçait les territoires indigènes situés sur les rives du fleuve Xingú, dans l’État brésilien du Pará. En page 26, nous lisons : « Quelque 20.000 Indiens ont dû être déplacés et près de 500 kilomètres carrés de forêt auraient été innondés… »

… Nous sommes bien loin de l’époque de la création de l’aventure intitulée « L’Oreille cassée », prépubliée, en noir et blanc, du 05 décembre 1935 au 25 février 1937, dans les pages du « Petit Vingtième »… Aussi, l’actualité de l’Amazonie nous oblige d’évoquer, le controversé président brésilien Jair Messias Bolsonaro (°1955). En pages 43 et 45 de « La Jungle« , la parole est donnée au journaliste français Hubert Prolongeau (°1962) – auteur de l’ouvrage  « Amazonie, une Mort programmée » (Ed. « Arthaud »/2009) -, sous le titre « L’élection de Bolsonaro est une catastrophe écologique ».

Ainsi, notre collègue écrit : « Bolsonaro est arrivé au pouvoir… Son élection est une catastrophe sur le plan écologique. Et, même s’il ne l’a pas exprimé de cette manière, il a redonné le ‘permis’ de tuer les Indiens. L’Amazonie est tellement vaste qu’elle ne va pas disparaître du jour au lendemain, mais les incendies et la déforestation se sont aggravés… »

Sommaire du N° 7 de « Tintin c’est l’Aventure » © Hergé-Moulinsart-Géo/2021

… Mais venons-en à « Hergé » (Georges Remi/1907-1983), dont son approche de la jungle est évoquée en page 16, par l’auteur français Christophe Quillien (°1961) : « … la jungle est le territoire de la grande aventure. Rien d’étonnant si Hergé en a fait l’une des destinations privilégiées de Tintin. Depuis le Congo jusqu’à son séjour chez les Picaros, son héros n’a cessé de l’arpenter en tous sens. Mais d’un album à l’autre sa vision de la jungle évolue. Simple décor exotique dans ‘Tintin au Congo’ et ‘Les Cigares du Pharaon’, elle symbolise le danger ‘L’Oreille cassée’ et ‘Le Temple du Soleil’. Propice au mystère dans ‘Vol 714 pour Sydney’, elle se veut protectrice dans ‘Tintin et les Picaros’. »

Ce chapitre« Welcome to the Jungle, Version 21è siècle », est superbement illustré, avec, outre des cases agrandies de Tintin et des photos d’animaux, deux photos d’autochtones, l’une d’un Amérindien Huaoranien  Equateur, et l’autre d’un sorcier jivaro tenant une « tsantsa » (tête réduite) dans ses mains, nous rappelant la tribu imaginaire hergéenne des coupeurs de têtes « Bibaros ».

En pages 6 et 7, nous découvrons un étonnant cliché, pris en Australie, par le photographe allemand Martin Müller, nous montrant un python géant affamé dévorant un crocodile entier, mis en relation avec la 4è case de la page 37 de « Tintin et les Picaros » (1976/Ed. « Casterman »), prouvant l’esprit visionaire d’Hergé.

Avec Daniel Couvreurchef du Service Culture du qotidien « Le Soir »auteur de plusieurs ouvrages ayant Tintin  pour sujet, nous découvrons des créations d’Hergé, parfois insolites, comme, en page 65, un« tableau animalier insolite », qui fut publié par « Le Petit Vingtième’, ou un « projet attendrissant d’affiche publicitaire pour le rayon jouets d’un grand magasin bruxellois », voire, en page 72, pour nous rafraîchir des chaleurs de l’été, un dessin  de Tintin et Milou  sous une douche,… proposée par la trompe d’un éléphant des « Cigares du Pharaon ».

Projet de puzzle (1943) inspiré de « Tintin au Congo » © Hergé-Moulinsart-Géo/2021

Un autre éléphant apparaît, sur deux pages, dans « une scène somptueuse, inspirée de l’aventure congolaise, croquée pour un projet de puzzle » (1943) « , deux autres pages présentant l’agrandissement d’une case (1944) du « Trésor de Rakham le Rouge », témoignage de l’appui, dans le recadrage de grands décors, apporté par Edgar P. Jacobs (Edgar Félix Pierre Jacob/1904-1987), avant que ce dernierne crée, en 1946, ses personnages de « Blake et Mortimer ».

Nous voyons, aussi, un détail d’une case extraite de la page 8 de « Pim et Pom » des « Aventures de Tom et Millie »  (03 janvier 1933), ainsi qu’une séquence, en trois cases, dans lequelles Tintin et ses comparses sont au prises avec un  imposant jaguar, dans « Le Temple du Soleil » (« Journal de Tintin »/1947), qui ne furent jamais éditées en un album

Comme l’écrit Daniel Couvreur : « A l’image de son héros,sans jamais perdre un instant, l’auteur poursuit sa quête avec exigence… »

Mais s’il existe un autre héros de BD qui voyagea beaucoup, c’est bien « Corto Maltese », créé, en 1967, par l’auteur italien « Hugo Pratt » (Ugo Eugenio Prat/1927-1995).

Aquarelle issue des « Rêveries éthiopiques » d’Hugo Pratt © Hergé-Moulinsart-Géo/2021

Ce dernier nous emmène dans ses « Rêveries éthiopiques », grâce à de superbes copies d’aquarelles rassemblées dans un « Portofolio-Carnet de Voyage » inséré dans le N° 7 de « Tintin c’est l’Aventure »Frédéric Granier,  journalisteauteur et chef de Service du magazine « Géo », écrivant : « Ces neuf aquarelles africaines nous rappellent tout l’amour de Pratt pour ces lieux, ces figures et ces atmosphères qui n’ont jamais cessé de le hanter. »

Ces dessins d’Hergé et ces aquarelles d’Hugo Pratt, ne peuvent que nous inciter aux voyages et aux découvertes, comme le vivent les participants à « Rendez-vous en Terre inconnue », l’émission de « France 2 », créée par Frédéric Lopez, reprise, depuis 2019, par Raphaël de Casabianca, que Marc Ouahnon, journaliste pour « Géo », a rencontré pour notre plus grand plaisir, lui demandant, notamment, à quel âge il avait découvert les « Aventures de Tintin » ?

Raphaël de Casabianca avec Franck Gastambide, chez les Van Gujjar, en Inde © Hergé-Moulinsart-Géo/2021

« Je devais avoir 8 ans…J’étais encore un peu jeune pour apprécier les textes, alors j’admirais surtout les images. Certaines sont particulièrement mémorables – les processions des Incas dans ‘Le Temple du Soleil’, les pyramides  mayas de ‘Tintin et les Picaros’ ou encore ces vastes étendues de désert qu’on retrouve dans ‘Le Crabe aux Pinces d’Oret ‘Tintin au Pays de l’Or noir’. Devant ces paysages, je n’avais qu’une envie : partir à l’aventure ! »

Et de répondre, lorsque le journaliste lui demande s’il a retrouvé certains de ces paysages au cours de ses  voyages : « Oh oui ! Le premier qui me vient à l’esprit, c’esr la lamasserie de ‘Tintin au Tibet’… J’ai vraiment retrouvé l’atmosphère de l’album, avec ce monastère perché au milieu de ces immenses montagnes blanches, ou encore ces moines qui soufflent dans une espèce de coquillage, dont le bruit résonne dans toute la Vallée. C’était fabuleux. Pour rester dans la région, au Yunnan, on était près des images d’épinal du ‘Lotus bleu’. J’ai aussi eu des réminiscences de ‘L’Oreille cassée’, lorsque j’étais dans la forêt amazonienne, ou encore de ‘L’Île noire’, lorsque je me trouvais sur l’île de Lewis, dans les Hébrides, en Ecosse. Mais l’un des flashs qui m’ont le plus marqué, c’est quand j’ai découvert la Cité de Pétra, en Jordanie… Là, j’étais en face de la merveille qui m’avait tant fait rêver dans ‘Coke en Stock’. »

En photos de tournages, nous le retrouvons avec la mannequin Estelle Lefébure, au Kénya, à la rencontre de la  communauté samburu ; avec le spationaute Thomas Pesqueten Colombie, à la rencontre des Kogis ; et avec l’acteur Franck Gastambide, chez les Van Gujjaren Indedans l’Himalaya.

1ère planche avec Jérôme Moucherot © François Boucq © Moulinsart-Géo/2021

Retour à la BD, avec le dessinateur lillois François Boucq (°1955), lauréat, pour l’ensemble de son oeuvre, en 1998, du« Grand Prix de la Ville d’Angoulème », et, en 2019, à Bruxelles, du « Grand Prix Saint-Michel ». Son héros de papier, Jérôme Moucherotagent d’assurances, nous emmène dans une bande dessinée de dix pages, nous permettant de traverser une étrange jungle semi-urbaine, dans laquelle il rebondit sur un sumo endormichausse deux crocos qui parlent et doit faire face à des prédateurs de métal détruisant l’environnement

… S’il n’est pas un adepte de la ligne claire, chère à Hergé, il tient à « insister sur le fait que l’humour ne souffre jamais l’à-peu-près », ajoutant : « Pour que le lecteur soit embarqué, la partition doit être parfaitement réglée. Chez  Tintin, les situations sont toujours parfaitement amenées, comme les mouvements d’une symphonie. Tout est orchestré en fonction des points d’orgue du récit, et c’est pour ça que les gags tombent à pic. Hergé ne laissait absolument rien au hasard. »

Avec un article de Volker Saux, nous retrouvons d’ailleurs Hergé avec une question : « Mais où se trouve le ‘Pays de l’Or noir’ ? », avec la présence de trois versions d’une page de cet album, en 1940, en 1950 et en 1971.

Notons, aussi, la présence d’une nouvelle de 14 pages« Back to the Jungle », illustrée par Joe G. Pinelli et rédigée par Jean-Bernard Pouylauréat, en 1996, du « Prix Paul Féval », ainsi qu’en 2008, pour l’ensemble de son oeuvre, du« Grand Prix de l’Humour noir ». Avec ces deux auteurs, nous sommes entraînés dans un récit, sombre mais  luxuriant, qui nous mêne de Calais au Suriname, un pays recouvert d’importantes zones de jungle tropicale

Une nouvelle illustrée par Joe G. Pinelli © Jean-Bernard Pouy © Moulinsart-Géo/2021

… Avec eux, embarquons dans une pirogue et remontons le fleuve Maroni, pour atteindre une commune du département français de la GuyaneMaripasoula,dont l’étendue dépasse, à elle seule, celle de la Région wallonneplus de 90% de son territoire étant occupé par la forêt amazonienne.

« La pluie avait cessé depuis à peine un quart d’heure et avait aplati tout ce qui volait, un catalogue complet d’insectes malveillants. Les oiseaux, je ne les voyais pas, mais je les entendais. Un milliard de volatiles qui fêtaient l’arrêt du déluge et qui préparait une longue nuitéquatoriale », écrit Jean-Bernard Pouy.

Anne Quentin, quant à elle, s’intéresse à « La Shanghai rêvée d’Hergé », avec des murs d’enceinte plus hauts que dans la réalité, en créant un imaginaire « Occidental Private Club »,… dénonçant une réalité qui voulait qu’en certains lieux « les étrangers se retrouvaient… en excluant les Chinois. Un prospectus de 1939 en répertoriait jusqu’à deux cents », écrit Anne Quentin, qui illustre son article d’une case agrandie au format d’une page, extraite du « Lotus Bleu », alors que nous découvrons la Shanghai du XXIè siècle, avec son immeuble-tour haut de 632 mètres, d’une part, et d’autre part, une photo, en noir et blanc – avec un pousse-pousse à l’avant plan -, des studios extérieurs de télévision et de cinéma, nous permettant de remonter le temps jusqu’au début du XXè siècle… Pour peu, dans ces décors, nous pourrions y croiserTintin

Abandonnant Hergéun tel volume de 154 pages, se devait d’évoquer – en 4 pages, sous le titre « La BD, quelle Jungle ! » -, « Tarzan », créé en 1912, par l’auteur américain Edgar Rice Burroughs (1875-1950), et le« Marsupilami », créé, en 1952 (« Spirou et les Héritiers », 4è album des « Aventures de Spirou »édité par « Dupuis »), par André  Franquin  (1924-1997), l‘illustration étant extraite du 30è album de « Marsupilami », intitulé « Palombie secrète » (Stéphane Colman « Batem » {Luc Collin}/Ed. « Dupuis »/2017). Outre divers autres héros, nous y retrouvons un retour à Hugo Pratt et à son oeuvre dessinée, avec la couverture d’ « Ann de la Jungle » (Ed. « Casterman »/1978) et une page de « Toujours un peu plus loin » (5è album de « Corto Maltese »/Ed.« Casterman » 1979), qui nous permet de découvrir une « boutique pleine d’objets étranges« , à Maracaïboau Venezuela

… Une boutique qui respire l‘aventureen jungle amazonienne, notamment, ce qui nous amène à reprendre le propos de Raphaël de Casabianca « Pour moi, l‘aventure, c’est être fragile. C’est accepter cette fragilité qui nous gagne quand on sort de sa routine, de ses remparts. En étant fragile, on est obligé de vivre l’instant présent intensément, d’apprécier les paysages et le monde qui nous entourent. C’est aussi s’ouvrir aux autres et ainsi s’empêcher de se rétracter sur nos peurs et nos angoisses. L’aventure est un paradoxe elle fragilise et rend plus fort… »

… Dans ce même esprit, n’oublions pas cette phrase d’Hergélui-même : « Les plus grandes aventures sont intérieures ».

Forts de ces belles définitions de l’aventure, à défaut de pouvoir vivre l’aventure dans une authentique jungle, les voyages hors de nos frontières étant interdits, n’hésitons pas à acquérir ce mook N° 7, afin de partir à l’aventure, confortablement installés dans nos foyers, en lisant « Tintin c’est l’Aventure – La Jungle ».

Prix de « Tintin c’est l’Aventure » N° 7 (broché/154 p./Ed. « Moulinsart-Géo »/2021) : 15€99 (actuellement et juqu’à nouvel ordre, pour tout achat dans une « Boutique Tintin », la réservation est obligatoire). Abonnement annuel en ligne (4 numéros, la publication étant trimestrielle) : 59€90 (au lieu de 63€96, en vente unitaire).

Signalons que cette collection de pestige, éditée conjointement par « Moulinsart » et « Géo », intitulée « Tintin, c’est l’Aventure », a été initiée, en 2018, par Didier Platteau, le directeur éditorial, et Nick Rodwelltous deux étant les  créateurs, en 1999, des « Editions Moulinsart ».

Didier Plateau et Nick Rodwell lisant « Tintin c’est l’Aventure »/Paris/2018 © Hergé-Moulinsart/2021

Signalons que cette collection de pestige, éditée conjointement par « Moulinsart » et « Géo », intitulée « Tintin, c’est l’Aventure », a été initiée, en 2018, par Didier Platteau, le directeur éditorial, et Nick Rodwelltous deux étant les  créateurs, en 1999, des « Editions Moulinsart ».

A noter, pour tous les amateurs de voyages et d’aventures, que ces deux mêmes éditeurs ont uni leurs compétences  pour nous offrir trois superbes ouvrages, vendus au même prix de 29€95 : « L’Oeuvre d’Hergé : à la Rencontre des Peuples du Monde »« Les Arts et les Civilisations vus par les Héros d’Hergé », ainsi que le « Geobook spécial Tintin », sans oublier qu’ils ont créé un « Quiz Tintin », fort de 200 cartes, pour 400 questions (16€95).

Expo « En Amérique avec Tintin »/Taxi de « Tintin en Amérique »/échelle 1/24è © Hergé-Moulinsart/2021

Soulignons enfin tout l’intérêt de l’actuelle exposition temporaire du « Musée Hergé », à Louvain-la-Neuve, intitulée  « En Amérique avec Tintin », que nous découvrons dès la salle d’accueil, avec différentes vitrines dévoilant des  modèles de voitures à l’échelle 1/24è, conçues en résine et plastique, que nous retrouvons dans le 3è album des  « Aventures de Tintin »« Tintin en Amérique », publié, en 1932, en noir et blanc, par les « Editions Petit Vingtième »Hergéà cette époquene dessinait pas les voitures avec la même précisionqu’il adopta ultérieurement, une voiture, dont nous retrouvons la maquette en vitrine, ayant même été inventée par l’auteur.

Dès 1942, Hergé repensa ses premiers albums, devant réduire le nombre de pages de 123 à 62, pour une première édition en couleur de « Tintin en Amérique », réalisée par « Casterman », datant de 1945.

« Tintin en Amérique » colorisé/2020 © Hergé-Moulinsart/2021

Dans cette salle, une vidéo nous présente la colorisation de la première édition en noir et blanc, l’album colorisé,  ayant été édité, en 2020, par « Moulinsart ». Le choix des couleurs, différentes de celle de l’édition de 1945, nous y est expliqué, alors que nous pouvons comparer plusieurs planches des différentes éditions.

Ainsi, à l’image du « Lucky Luke » de « Morris » (Maurice de Bevere/1923-2001), créé en 1947, qui dût abandonner sa cigarette à la demande des Américains, Hergé fut amené à réaliser différents changements pour l’édition en couleur de 1945.

La demande ayant été faite à Hergé de ne plus mettre en relation des personnes de race noire avec d’autres de race blanche, une nourisse noire dût laisser sa place à une nourisse blanche… De même, Hergé dût éliminer la présence de personnages d’origine chinoise, les remplaçant par des blancs.

Dans l’édition originale, pour la parade à New YorkHergé avait placé une immense banderolle étoilée aux couleurs des Etats-Unis, mais, pour l’édition en couleurde peur d’une censure allemandeil avait remplacé, de sa propre initiative, la banderolle avec le drapeau américain par une autreavec la phrase « Vivent Tintin & Milou ».

Nous étions à l’époque des locomotives à vapeur et les conducteurs de trains, dans l’édition en noir et blanc, avaient leurs vêtements, tout à fait logiquement, souillés par le charbon. Curieusement, dans l’édition de 1945, leurs vêtements, dépourvus de la moindre tâche, étaient d’un bleu impeccable… L’édition colorisée, de 2020, nous restitue, fort heureusement, la présence de ces traces de charbon...

… Cette très intéressante exposition se poursuit dans la Salle 8, la dernière du « Musée Hergé », où se trouvent troits potraits d’Hergé, réalisés par Andy Warhol (1928-1987). Nous y découvrons d’autres planches oiginales, nous dévoilant, par exemple, qu’un Amérindien demandant la charité, dans l’édition de 1932, avait abandonné cette pratique en 1945,… toujours à la demande d’ Américainssoucieux de nier la réalité de la précarité de nombreux  Indiens… En outre, Milou insistait sur cette situation en disant « un peau rouge », ce qui n’était plus le cas en 1945.

Scène avec l’Indien/3è case/page 30/version colorisée/2020 © Hergé-Moulinsart/2021

Par ailleurs, la dernière page présente deux changements importants : les cheminées du navire emmenant Tintin vers l’Europe, très curieusement ne fument pluscomme si ce bateau était à l’arrêt en pleine mer… Aussi, alors que le  navire s’éloignait, nous constatons que l’ « Empire State Building » – à cete époque, le plus haut édifice au monde (381 mètres/443, avec son antenne), dont la construction s’était terminée, en 1931,… un an avant l’édition due au « Petit Vingtième » -, ainsi que la « Statue de la Liberté »symbôle de la Ville de New Yorkavaient disparu.

Grâce à l’album colorisé, édité il y a quelques mois (17€50), nous retrouvons tout ce qui avait été pensé, en 1932, par Hergé. Ce concernant, Philippe Godin a signé une monographie de qualité « Hergé, Tintin et les Américains »  (Ed. « Moulinsart »/cartonné/240 p./297 x 215 m/m /2020/29€50).

Ouverture de l’exposition : jusqu’au dimanche 18 avril, du mardi au vendredi, de 10h30 à 17h30 (fermeture des caisses à 17h), le samedi et le dimanche, de 10h30 à 18h (fermeture des caisses à 17h30). Prix d’entrée (Musée et exposition, audioguide inclus) : 12€ (7€, pour les étudiants, membres de familles nombreuses et à partir de 65 ans / 5€, pour les 7 à 14 ans, les étudiants de Louvain-la-Neuve, les enseignants et les « Amis du Musée » 1€25, pour les « Art. 27 » / 0€, pour les moins de 7ans et les personnes porteuses d’un handicap). Réservations obligatoires :  resa@museeherge.com et 010/48.84.13Obligations sanitaires : port d’un masque bucal et respect d’une distanciation physique d’ 1m50 entre les « bulles » sociales. Sites web :  http://www.museeherge.comhttp://www.tintin.com et http://www.boutique.tintin.com.

Dès la fin des vacances du printemps et jusqu’à nouvel ordre, le « Musée Hergé » n’ouvrira que les vendredissamedis et dimanches. Gratuité pour tous, les premiers dimanches du mois (dans ce cas, 5€ pour l’audioguide).

Yves Calbert

 

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