“Thriller au Kenia, dans les années ’20”

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BD : « LE LION DE JUDAH »/LIVRE 1 (S. DESBERG ET H. LABIANO / ED. « DARGAUD »)

 

Couverture © Stephen Desberg et Hughes Labiano/Ed. « Dargaud »

Publié en janvier 2020 par les Ed. « Dargaud », le 1er tome de la trilogie « Le Lion de Judah » s’ouvre sur une préface du scénariste Hugues Labiano, originaire du Pays Basque français : « Depuis mon enfance, je rêve de grands espaces, de pays mystérieux et de personnages hors norme, aussi réfléchis, curieux du monde que forts et intépides. Les lectures de Joseph Kessel, Jack London, puis Blaise Cendrars en sont à l’origine, bien sûr, tout autant que la découverte, à l’adolescence, d’Hugo Pratt. J’ai peu voyagé jusquà présent, paradoxalement, mais je connais bien l’Andalousie et l’île de Malte, parie du grand Corto, l’aventurier ulrime. Est-ce un hasard ? »

Sur un scénario d’H. Labiano la série « Black Op », dessinée par © S. Desberg/Ed. « Dargaud »

Dans la Vallée du Riffberceau de l’humanité, l’aventure et l’exotisme de l’Est africain – fort bien dessinés par Stephen Desberg – sont donc au programme de cette BD, ce duo d’auteurs ayant déjà réunis leurs talents, en co-signant 8 tomes de« Black Op », publiés par les Ed.« Dargaud », entre 2005 et 2014.

En Afrique, 2è case de la 1ère planche/page 03, dessinée par © Stephen Desberg/Ed. « Dargaud »

Synopsis : « Dans les années 1920, au Kenya, alors colonie de l’Empire britannique, puis en Éthiopie, John Wallace, un colon anglais suspecté du meurtre de deux noirs, est arrêté. Envoyé dans une prison dans laquelle il est soumis au travail forcé, il survit aux travaux forcés, dans des conditions inhumaines, avant de réussir à s’échapper. Une mystérieuse femme noire part à sa poursuite, le traquant sans relâche : elle seule sait qui est réellement Wallace et d’où lui vient cette force digne d’un lion ! Leur antagonisme cache en fait un terrible secret et la même volonté de liberté et d’absolu qui les entrainera au fin fond de l’Afrique… »

La vie animale et l’horreur/cases 3 à 5/p. 03 © Stephen Desberg et Hugues Labiano/Ed. « Dargaud »

Si Stephen Delsberg travaille à la japonaise, au trait noir, nous réalisons toute l’importance du travail de son coloriste, le Français Jérôme Maffre, dès le superbe fond crépusculaire des 5 cases de la 1ère page, un nombre da cases qui aère agréablement la lecture.

L’arme des 2 crimes/5è case/page 06, un dessin de © Stephen Desberg/Ed. « Dargaud »

Relevons ce que Hugues Labiano confiait à notre collègue Jean-Laurent Truc, pour « Ligne Claire » : « Desberg connait parfaitement l’Afrique. On en beaucoup parlé tous les deux. Au départ je ne voulais pas l’Afrique mais la Route de la Soie comme cadre. C’est lui qui m’a parlé de l’Afrique et m’a convaincu avec tout ce qui va se passer. Il faut que je croie aux mots, à leur force pour raconter une belle histoire… »

« … dans ce type de récit, je suis à l’aise avec des personnages forts, de l’amour, de la haine. C’est pour ça que j’aime Hemingway, London. J’ai relu Kessel. Des écrivains bourlingueurs. Ma réussite est de pouvoir plonger les lecteurs au sein de l’histoire. Les couleurs qui sont belles jouent beaucoup aussi, le soleil, le désert. J’avais un peu peur. J’ai travaillé le noir, avec des effets de matière mais les retours sont bons. C’est la BD que j’aime faire. Je travaille sur un format de 32 par 44 cm. Desberg me fournit le scénario complet ce qui me permet de revenir dessus et d’en discuter avec lui… »  © Hugues Labiano/Jean-Laurent Truc/« Ligne Claire ».

John Wallace, l’accusé aux cheveux blonds/3è case/p. 08 © S. Desberg et H. Labiano/Ed. « Dargaud »

Ce qu’en pense « MassCritics » : «  ‘Le lion de Judah’ nous entraîne dans une aventure haletante et pleine de mystères. Diablement rythmé, le scénario, maîtrisé, nous plonge dans le Kenya (et l’Éthiopie) des années 20 et nous propose une histoire intense, riche en suspense et qui fait naître chez le lecteur une multitudes d’interrogations. Avec en tête de liste cette question : pourquoi John Wallace, qui n’a pourtant pas l’air d’un mauvais bougre, a-t-il commis ces meurtres ?… »

L’interrogatoire du présumé criminel/p. 08 © Stephen Desberg et Hugues Labiano/Ed. « Dargaud »

« … Stephen Desberg et Hugues Labiano nous immerge ainsi dans une ambiance sombre et violente, sur fond de colonialisme et nous transporte au cœur d’une histoire intrigante et mystérieuse. Le dessin réaliste et efficace, nous transporte aisément dans cet univers et retranscrit parfaitement cet ambiance grâce à des décors soignés qui jouent sur les contrastes de luminosité… »

« … ce premier tome nous livre une histoire forte et captivante, auréolée de mystères, servi par un très beau graphisme. Il met parfaitement en place les bases de l’intrigue sans toutefois trop nous en révéler afin de garder le suspense entier. Une bande dessinée d’aventure telle qu’on aimerait en lire plus souvent, à la fois immersive, rythmée et palpitante… arrivé à la dernière page, nous souhaiterions déjà avoir le second tome a portée de mains… » © « MassCritics ».

A la recherche de Walace/cases 03 à 06/page 33 © S. Desberg et H. Labiano/Ed. « Dargaud »

Né à BruxellesStephen Desberg – lauréat, en 1991 & 1995, de deux« Alph Art », au« Festival de la Bande dessinée d’Angoulême »  – est le fils d’une Françaiseprofesseure de français, à la Sorbonne, et d’un   officier  américain, qui se se rencontrèrent à Paris à la libération. Ayant, notamment, étudié à l’ « U.L.B. » (« Université libre de Bruxelles »), il commença à écrire de courtes histoires pour le « Journal de Tinin », avant d’assister le Hutois  Maurice Tillieux (1921-1978), pour la rédaction des scénarios de deux aventures de « Tif et Tondu », dessinées par « Will » (Willy Maltaite/1927-2000), pour le « Journal de Spirou », avant d’être éditées en albums (26 & 27), en 1978 et 1979, par « Dupuis »Seul, il continua d’écrire les scénarios, des albums 28 à 39 (sauf le 34), de 1980 à 1991.

John Wallace, aux cheveux blonds/2è et 3è cases/p. 13 © S. Desberg et H. Labiano/Ed. « Dargaud »

Entre 1992 et 1999, il scénarisa 8 albums de “La Vache”, dessinés par Johan De Moor et édités par “Casterman”. Aux Ed. “Le Lombard”, de 1999 à 2019, il scénarisa 20 albums de “IR$”, dessinés par Bernard Vranken. A souligner sa rencontre avec Jean Van Hamme, le “père” de “Thorgal”, “XIII” et “Largo Winch”, qui scénarisa 3 albums de “SOS Bonheur”, en 1988 et 1989, avant d’écrire la préface, 30 ans plus tard, en 2019, du 4è tome de cette série, scénarisé par Stephen Desberg, les 4 albums étant dessinés par l’Anversois“Griffo”  (Werner Goelen) et édités par “Dupuis”, dans sa collection “Aire Libre”... Et nous ne pouvons passer sous silence sa série “Scorpion”, forte de 12 albums, édités par“Dargaud”, de 2000 à 2019, et dessinés par un Italien, né en Suisse, Enrico Marini.

 
 
Hugues Labiano et Stephen Desberg © « MassCritics »

En ce qui concerne Hugues Labiano, détenteur d’un baccalauréat en arts graphiques, devenu Parisien, dès 1984, avant d’oeuvrer avec Stephen Desberg, il dessina, notamment, entre 1997 et 2001, sur des scénarios de l’auteur belge Jean Dufaux, 4 tomes de « Dixie Road ». A noter qu’en 2016 et 2017, il avait déjà été ledessinateur de Stephen Desberg, pour les tomes 3 et 4 de la série western « L’Etoile du Désert », dont lestomes 1 et 2, en 1996, avaient été dessinés  par Enrico Marini, les 4 tomes étant édités par « Dargaud ». Au micro de Nicolas Domunech, pour “Planête BD”, Hugues Labiano confiait : « Les récits de Stephen Desberg sont très compliqués à mettre en sène, ils constituent de réels challenges techniques », … Notre avis : mission réussie pour « Le Lion de Judah »…

 

Un thriller, en Ethiopie et au Kenya/cases 1 & 2/p. 04 © S. Desberg et H. Labiano/Ed. « Dargaud »

Retenons, encore, deux avis critiques :

Par Hai Yen Pham, pour  « La Liberté » (Suisse) : « Entre le meurtre des deux hommes noirs, le lien unissant  Naïsha et Wallace et la piste du trésor sur laquelle ce dernier s’est lancé, les interrogations créent une tension maîtrisée et engageante : on a envie d’en savoir plus… » 

 

Pour « La Gazette Nord Pas de Calais » :« Grâce à une intrigue solidement charpentée et des personnages parfaitement campés, le scénariste pose les bases d’un suspense aux multiples pistes, sécrétant une tension palpable. Tandis que les dessins d’Hugues Labiano contribuent à l’atmosphère oppressante de ce grand récit d’aventures sur fond de colonialisme, de religion et de chamanisme… »

Pour « BD Best » :« Il y a du Joseph Kessel et du Blaise Cendrars dans ‘‘Le Lion de Judah’… On est dans de la grande et noble Aventure avec une majuscule… »

Par Stéphanie Morin et Jean Siag, pour « La Presse » : « Il plane sur cet album, signé Desberg et Labiano … un mélange de sorcellerie et de réalisme d’une grande cruauté, qui peut laisser pantois… Le scénario ne manque pas de souffle et la signature graphique de Labiano, avec ses visages torturés, ajoute beaucoup à l’ambiance. Ce premier tome d’un triptyque à venir laisse présager une belle suite… »

Par Henri Filippini, pour « BD Zoom » : « Pari réussi avec ce ‘Lion de Judah’ qui offre, à l’excellent Hugues Labiano, l’occasion de nous régaler d’images somptueuses d’une Afrique coloniale qu’il rêvait de mettre en scène… »

Par Jean-Laurent Truc, pour « Ligne Claire » : « Ce Lion de Judah est l’une des œuvres les plus fortes de ce début d’année… »

… Dès lors, le confinement se prolongeant et les voyages étant donc interdits, envolons-nous virtuellement pour la Vallée du Riff, afin de vivre un thriller, dont la suite sera éditée d’ici quelques mois

Cases 1 & 2/page 16 © Stephen Desberg et Hughes Labiano/Ed. « Dargaud »

Une fiction forte et captivante, à la « Indiana Jones », mettant en scène un homme mystérieux, pourchassé par une  belle sorcière plus mystérieuse encore : « Le Lion de Judah » (Tome 1/Stephen Desberg & Hugues Labiano/Ed.  « Dargaud »/cartonné/56 pages/240 x 320/15€).

Yves Calbert.

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