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23 septembre 2021

«SCULPTURES DANS LA VILLE», DE BOB VERSCHUEREN, À NAMUR, JUSQU’AU AOÛT 31 AOÛT

« SCULPTURES DANS LA VILLE », DE BOB VERSCHUEREN, À NAMUR, JUSQU’AU 31 AOÛT

Namur : sculptures dans la ville jusqu’au 31 août

Cet été, « La Graine », en construction © Bob Verschueren © Photo : « Namur Street Art »

« L’Art s’intègre et s’exprime de multiples façons dans le domaine public. Désormais, le « Street Art » (l’Art de la rue) rythme le parcours urbain des promeneurs, des touristes, des étudiants, des chalands … L’Art s’impose dans le quotidien, sur le chemin de la boulangerie ou de l’école, gagne la curiosité populaire, habitue le passant à l’étrange et s’offre à tous, sans l’obstacle des finances, du guichet ou des portes », pouvions nous lire dans « Namur Confluent Culture ».

Que pensez-vous des fourmis géantes déployées sur les bâtiments namurois?

En 2020, à l’assaut du « Théâtre Royal » © Nicolas Eres © Asselberghs/« Belga »

L’été dernier, les fourmis rouges de l’artiste fançais Nicolas Eres Carpentras/1977) avaient colonisé les façades de l’Hôtel de Villedu Théâtre Royalde la surface commerciale « Galeria Inno », …, autant de clins d’yeux à la nature,  qui, nous entourant, finit toujours par reprendre ses droits.

Toujours en rapport avec la nature, cet été, c’est le l’artiste belge Bob Verschueren (°Etterbeek/1945) qui apporte sa  contribution artistique au paysage urbain namurois, dans le cadre de « Sculptures dans la Ville »apportant,  depuis  plus de quarante ans et la réalisation de plus de 380 installationsses réflexions sur le lien, parfois ambigu, entre l’homme et la nature.

© Ville de Namur

A partir de végétaux qu’il récolte, recycle, transforme, il crée des œuvres, le plus souvent éphémères, en interaction avec l’architecture et l’environnement. Nous l’avons rencontré, lors de la conférence de presse du jeudi 17 juin, dans le jardin  de l’ « Hôtel Groesbeeck-de-Croix » (« Musée des Arts décoratifs »), à quelques mètres de l’une de ses oeuvres,  « La Limite », dont le sommet touche le plafond de l’ « Orangerie »d’où son titre.

« La Limite » © Bob Verschueren © Photo : Murielle Lecocq

Il nous confia : « Parfait autodidacte, j’ai débuté ma carrière artistique comme peintre, exposant une première fois, en 1964, à la ‘Maison des Arts’, à  Schaerbeek. C’est à l’ ‘Atelelier 340’ (actuel ’34zero Muzeum’/ndlr), à Jette, en 1985, que je présentai ma première installation végétale. En fait, la  peinture commençait à m’ennuyer et, dès 1978, je me suis intéressé aux pigments naturels, trouvés dans la nature. »

Bob Verschueren au « Musée des Arts décoratifs » © Photo : Murielle Lecocq © Cadrage : « Web Magazine »

« Grâce à Wodeck Varsovie/1952/ndlr), le directeur belgo-polonais de l’ ‘Atelier 340’, j’exposais une première fois à l’étranger, à Varsovie. En 1987, c’était  Montréal qui accueillait mes installations végétales, y ayant reçu un accueil chaleureux du chanteur local Robert Charlebois. »

« Me voici, enfin, reconnu dans mon propre pays, grâce à cette exposition namuroise, un nouveau petit défi dans ma carrière artistique, mon souhait étant d’attirer l’attention sur le fait que la nature est en danger et que, privé de son  environnement naturel, l’être humain ne pourrait survivre. »

Fort de ce message des plus importants, la Wallonie venant d’ailleurs de soufffir de cette dangereuse évolution climatique, parcourons les rues de Namur, afin de découvrir les quatre autres oeuvres de Bob Verschueren, en commençant par un travail sonoresis au sein d’un arbre de la Place du Québec, de petits diffuseurs nous offrant des  textes – conçus par son épouse, une poétesse – sont en relation, notamment, avec la toute proche église Saint-Loup, voire « La Conluence », d’où le titre de l’oeuvre : « L’Arbre à Paroles ».

« Pow Pow », Place de l’Ange © Bob Verschueren © Photo : Murielle Lecocq

Place de l’Ange, nous découvrons « Pow Pow », Bob Verschueren expliquant que « cette ronde de pots de fleurs géants ressemble à un conciliabule, me faisant penser à ces rassemblements d’Amérindiens, qui, à l’origine, réunissait des chamans pour qui cette danse constituait un rituel de guérison. Le lien possible entre cette installation et la pandémie que nous vivons me paraît donc de bon augure. »

Les titres de ses oeuvres n’étant donc nullement dû au hasard, il nous précise : « Lorsque je pars à la recherche d’une idée pour une nouvelle installation, je ne me base pas sur un concept, je tente de trouver une conjonction plutôt abstraite entre mon univers mental et le lieu à investir, convaincu que le sens en découlera.  Donner un nom à une installation est une façon de l’identifier, de la ‘baptiser’, ce titre ne devant pas être trop restrictif, mais devant plutôt inciter chaque passant à y chercher une signification qui lui est propre. »

L’une des « Trois Fleurs », « Jardins du Mayeur » © Bob Verschueren © Photo : Murielle Lecocq

Le Bourgmestre de NamurMaxime Prévotayant la Culture dans ses attributions, se réjouit d’accueillir deux créations  de Bob Verschueren dans ses  « Jardins du Mayeur ». D’abord, devant son cabinet, sur son perron, d’où il prononce son annuel discours des « Fêtes de Wallonie », nous découvrons «Trois Fleurs », qui portent un regard ironique sur le jardinier qui rêve de domestiquer la nature. Ici, ce sont des pelles et transplantoirs de jardiniers, qui forment des  fleurs plantées dans des pots géants en terre cuite, … ne demandant ni arrosage, ni entretien.

« La Graine », « Jardins du Mayeur » © Bob Verschueren © Photo : Murielle Lecocq

En avançant de quelques mètres, en direction de la « Fresque des Wallons »sur une praire bien naturelle, nous trouvons « La Graine », en métaphore de la grainequi tombe au sol et se met à germer, cette instalallation monumentale, un cube de 3 mètres de côtés, nous donnant l’impression que, tombé du ciel, il a craqué comme une coquille d’oeuf, laissant apparaître de la végétationchère à l’artiste.

Notons qu’en solo ou au sein d’expositions collectives, ses oeuvres ont été exposées, par ordre alphabétique, à Bangkok,  Hamilton (Ontario), Kuala Lumpur, (île de) La RéunionMemphis (Tennessee), Portneuf  (Québec), Sackville  (New Brunswick), ShanghaiSingapour, …

Plus près nous, soulignons que quelques-unes de ses créations sont, également à découvriren permanenceau Canada,  à l’ « Université de Moncton » (New Brunswick) ; en Espagne, dans la Calle Cabillers, à Valencia ; en France, à la « Fondation Claudine et Jean-Marc Salomon », à Alex (Haute-Savoie) ; et plus près de nous, à Anderlecht,  dans les jardins de la « Maison d’Erasme », à Auderghem, dans la station de métro « Demey », à Bruxelles, dans la  « Chapelle des Brigittines », sans oublier que son installation en bronze, « Réseaux », a été acquise, en 2020, par la « Banque Nationale de Belgique ».

Un projet ? : « Réaliser, sur un panneau d’affichage de 20m2, une sorte de peinture, réalisée avec des graines pour oiseaux, que« Natagora » – une asbl de protection de la nature – sélectionnera, ces derniers venant aini dévorer progessivement ma création », nous confiait Bob Verschueren, pour qui la nature sera toujours à l’honneur …

N’hésitons donc pas de nous rendre à Namur, jusqu’au mardi 31 août, afin de découvrir quelques-unes de ses récentes installations … Prenons le temps de  profiter de ces découvertes, hommages de l’artiste à la nature, ce dernier nous rappelant, à juste titre, qu’il convient de la protéger … Ne l’oublions pas !

Yves Calbert.