« COLLECTION BD VERNON SULLIVAN » (ED. « GLÉNAT »), INSPIRÉE DES ROMANS DE BORIS VIAN

Spread the love

« COLLECTION BD VERNON SULLIVAN » (ED. « GLÉNAT »), INSPIRÉE DES ROMANS DE BORIS VIAN

© German Erramouspe, Mauro Vargas & Jean-David Morvan/Ed. « Glénat »/2020
 
Boris Vian, un romancier passionné de jazz © « Cohérie Boris Vian »
De lui, son amie Juliette Gréco (°1927) écrivait : « Il était d’une beauté romantique, due à la pâleur extrême de son teint et à son air rêveur. Tout cela cachait aussi une terrible inquiétude. »
Le 10 mars dernier, était la date anniversaire du centième de la naissance de Boris Vian (1920-1959), romancier français – auteur de « L’ Ecume des Jours » (1947), disciple du romancier-poète français Alfred Jarry (1873-1907)  – journaliste,musicien – inconditionnel du jazman américain Duke Ellington (1899-1974) -,parolier,traducteur, …, l’une des figures les plus brillantes du monde culturel et artistique du XXè siècle
A cette occasion, deux albums de bandes dessinées, de la« Collection BD Vernon Sullivan », viennent d’être éditées par « Glénat »scénarisés par un ancien étudiant de l’ « InsitutSaint-Luc », à Bruxelles, le Français Jean-David Morvan, ces deux albums étant des adatations de romans écrits par Boris Vian.
J'irai cracher sur vos tombes
© Ray Macutay & Jean-David Morvan/Ed. « Glénat »/2020
 
*** « J’irai cracher sur vos Tombes » (Jean-David Morvan, Raphaël Ortiz, Ray Macutay & Richard Yen/Ed.  « Glénat »/cartonné/2020/104 p./215 x 293 mm/19€50), un roman bien éloigné des écrits habituels de Boris Vian, décrit en ces termes par « bedetheque.com »  :« ce récit est probablement le plus violentle plus cru et en même temps le plus représentatif du style « Vernon Sullivan » (pseudonyme de Boris Vian, ndlr). À travers une histoire âpre où la sexualité, violente, est omniprésente, Boris Vian dénonce le racisme ambiant et la condition précaire des Noirs, dans le Sud des États-Unis. »
 
 
 
1ère planche, p. 05, de « J’irai cracher sur vos Tombes », dessins de © Rey Macutay/Ed. « Glénat »
 
Synopsis :  » Lee Anderson, vingt-six ans, fils d’une métisse, quitte sa ville natale après la mort de son frère noir, lynché parce qu’il était amoureux d’une blanche. Il échoue à Buckton, petite ville du Sud des États-Unis, où il devient gérant de librairie. Grand, bien bâti, payant volontiers à boire et musicien de blues émérite, Lee parvient sans mal à séduire la plupart des adolescentes du coin. Auprès d’une petite bande locale en manque d’alcool mais très portée sur le sexe, il mène une vie de débauche. Sans toutefois perdre de vue son véritable objectif : venger la mort de son frère… »


 
 
10è planche, p. 14, de « J’irai cracher sur vos Tombes » © J.-D. Morvan & R. Macutay/Ed. « Glénat »
 
A noter que le roman original, écrit en 14 jours, alors que son auteur n’avait que 26 ans,  « J’irai cracher sur vos Tombes » (« Ed. du Scorpion » /1946), de Boris Viansigné sous le nom d’un écrivain noir américain imaginairece nom devenant donc son pseudonyme, de « Vernon Sullivan »  (amateur de jazz, Boris Vian aurait juxtaposé les noms de famille de deux musiciens, Paul Vernon (né Alain Goraguer/°1931), saxophoniste français, et Joe Sullivan {Joseph Michael Sullivan/1906-1971}, pianniste américain), a provoqué l’arrestation de son auteur, suite à une plainte, déposée par le « Cartel d’action sociale et morale », dirigé par un architecte protestant, provoquant un procès et une  condamnation à une peine de prison, pour outrage aux bonnes moeurs.
 
 
Par ailleurs, le 23 juin 1959Boris Vian se rend au cinéma « Le Marbeuf », sis près des Champs-Elysées, à Paris, pour assister à une projection du film éponyme (Michel Gast & Christian Marquand/Fra./1959/110′).
 
 
Boris Vian ne verra jamais ce film, qu’il appréhandait, ne souhaitant pas que son nom figure au générique. Hors, dès les premières images du génériqueprécédant ce film, lorsqu’il lit : D’après le roman de Vernon Sullivan, traduit de l’américain par Boris Vian« , il se lève et s’écrie : Ah non », s’effondrant, dans son fauteuil, victime d’une crise cardiaquedécédant à 39 ans, avant son arrivée à l’ « Hôpital Laennec »
 
… Inutile d’en écrire davantage pour nous motiver à parcourir, dans les prochains jours, cette BD éponyme, « J’irai cracher sur vos Tombes »

 
 
Les morts ont tous la même peau
 
© German Erramouspe, Mauro Vargas & Jean-David Morvan/Ed. « Glénat »/2020
*** « Les Morts ont tous la même Peau » (Jean-David Morvan, German Erramouspe & Mauro Vargas/Ed.  « Glénat »/cartonné/2020/104 p./215 x 293 mm/19€50/inspiré du roman éponyme de Boris Vian, édité en 1947).
 
 
 


Deux planches de « Les Morts ont tous la même Peau » © (Jean-David Morvan, German Erramouspe & Mauro Vargas/Ed. « Glénat »)
Synopsis : « Dan est un sang-mêlé. Autrement dit, un noir à peau blanche. Videur dans un bar de nuit à New York, il ne vit que pour Sheila, sa femme, et l’enfant qu’il a eu avec elle. Un enfant que la société acceptera parce que sa peau est blanche, contrairement à Dan, pour qui le secret de ses origines plane tel une épée de Damoclès. Alors qu’il s’entiche subitement d’une prostituée noire et que l’irruption de son frère, Richard, menace de tout révéler, Dan voit sa vie basculer. Lui qui, non sans remords, a tant voulu être un Blanc, ne serait-il au fond de lui-même qu’un « nègre » ?… »
 
 
 
Le scénariste, Jean-David Morvan, en séance de dédicaces/2017
 
A noter que le scénariste de cette« Collection Vernon Sullivan »Jean-David Morvan, a remporté deux Prix, pour deux albums de la série « Sillage », au « Festival d’Angoulème », en 2006, pour le tome 8, et en 2008, pour le tome 10 ; le « Prix Bédélys Jeunesse » , au « Festival BD de Montréal », en 2006, pour « Spirou et Fantasio à Tokyo » ; ainsi que le« Prix Saint-Michel Jeunesse », à Bruxelles, en 2007, pour« Latitzoury », le tome 3 de la  série« Nävis », ces deux derniers albums étant dessinés par l’Espagnol José Luis Munuera, les deux premiers cités  l’étant par le Français Philippe Buchet.
 
Soulignons que cette Collection BD Vernon Sullivan se déclinera en 4 tomes, les deux titres à paraître étant :  « Elles se rendent pas Compte » (adaptation du roman de Boris Vian, édité en 1948, par les « Ed. du Scorpion ») & « Et on tuera tous les Affreux » (édité en 1950, par les « Ed. du Scorpion »).
 
 
De cette, Nicole Bertolt, directrice du patrimoine de Boris Vian, confie dans une vidéo distribuée par les Ed.  « Glénat » :   « … Boris Vian a envie de défendre les noirs américains bec et ongles… le montrer à un public peut-être beaucoup plus large, plus jeune aussi… je pense que, selon les retours que j’en ai (des deux premiers tomes BD, scénarisés par Jean-David Morvan, ndlr), c’est que Boris Vian, aujourd’hui, est bien dans son temps… »
 
Yves Calbert.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *